23/3/1915

[Les remboursements de dettes - Terugbetaling van schulden - Debt repayment]

(In: L'Echo de la Presse internationale, 23/3/1915)

On voudrait constater quelque progrès chez les débiteurs dans leurs disposition à payer. La reprise des affaires, c'est en réalité la reprise des paiements. Que le législateur n'abuse pas des moratoria au profit de tout le monde. Parmi les retardataires, un grand nombre sont en état de s'acquitter de leurs dettes. S'ils ne s'exécutent pas, c'est qu'ils sont retenus par on ne sait quelle illusion fâcheuse qui leur fait croire qu'ils seront déchargés finalement de toute obligation.

Ils ne s'agit pas d'inquiéter ceux qui sont retenus par le devoir, loin des affaires, mais bien des débiteurs de mauvaise volonté qui entendent, en vertu du moratorium, rester créditeur chez leur banquier de somme que cependant qu'ils lui doivent.

C'est en vain que celui-ci leur rappelle qu'ils sont passibles de l'intérêt moratoire de 5 p.c. , qu'ils devront bien finalement ajouter au capital à rembourser. Cet avertissement ne les émeut pas, parce que, répondent-ils, ils trouvent à employer leur argent à un taux supérieur à 5 p.c.. C'est narguer son créancier. Le seul moyen de les intimider serait d'augmenter progressivement le taux de l'intérêt moratoire ou de les sommer d'avoir à prouver devant le juge qu'ils sont dans l'impossibilité matérielle absolue d'acquitter leurs dettes.