8/3/1915 (3)

[Le typhus dans un camp de réfugiés hollandais - Tyfus in een hollandse vluchtelingenkamp - Typhus in a Dutch refugee kamp]

(In: L'Echo de la Presse internationale, 8/3/1915)

C’était quasi inévitable, qu’une partie de la population belge réfugiée en Hollande ne pouvant échapper à quelque nouveau cataclysme qui devait faire sentir davantage ses effets.

C’est le typhus qui sévit à Kloosterzande (Hulst), notamment, où un camps de réfugiés abrite encore 1300 de nos concitoyens; la pluie règne avec intensité.

8/3/1915 (2)

La situation des médecins belges [De sociale toestand van de Belgische geneesheren - The social situation of the Belgian M.D.]

(In: L'Echo de la Presse internationale, 8/3/1915)

Les médecins paient un lourd tribut à la crise, tant moralement que matériellement. Moralement car beaucoup voient comme un lourd rideau se baisser devant leur avenir, qu'ils avaient préparé au prix de tant de peine, et qui s'annonçait plein de promesses. D'autre souffrent de constater que leur active collaboration au progrès de la santé publique, est rendue vaine en quelque sorte. D'autres encore seront lésés dans leurs intérêts et leurs affections familles.

Mais le dommage subi par les praticiens de tout rang est surtout matériel.

C'est le moment de réfléchir que le corps médical se recrute en très grande partie dans la bourgeoisie modeste et laborieuse, en ville comme à la campagne. Lorsque la mort frappe dans ses rangs, combien de fois les veuves et les enfants n'ont-ils pas besoin de la solidarité confraternelle, d'une aide pécuniaire fournie par les collègues du disparu! Dans les événements actuels, beaucoup se dévouent sur le front. Plus d'un, frappé d'une balle perdue, est mort en essayant de soulager un mourant. La famille, privée de son chef, a besoin d'assistance pour subsister.

Même les médecins restés ici, dans leur village, endurent des privations pénibles.

Par ailleurs, les cas de maladies et de blessures civiles diminuent sans cesse. Non pas qu'on soit moins empressé qu'autrefois de recourir aux médecins, mais plutôt à cause des progrès de l'hygiène. Sans doute depuis la guerre, beaucoup de familles s'abstiennent d'appeler le médecin pour un bobo; mais, bien avant la guerre déjà, l'hygiène avait extirpé nombres de maladies évitables. Et c'est l'honneur du corps médical d'avoir contribué à ce résultat avec désintéressement et zèle, n'en déplaise aux ironistes irréfléchis qui le dénoncent comme une corporation de morticoles.

Ils n'entrent pas dans nos intentions, bien entendu de solliciter en faveur des médecins éprouvés des générosités que leur fiertés repoussent.

Au milieu de cette crise, les plus dénués d'entre eux prodiguent encore le don gratuit de leurs soins, de leurs conseils, de leurs encouragements aux malades pauvres. Si quelques-uns ont besoin de secours - et il n'y a nul doute à cet égard - c'est la solidarité professionnelle qui doit le leur fournir.

8/3/1915

L'université belge à Cambridge [De Belgishce universiteit te Cambridge - Belgian University in Cambridge]

(In: L'Echo de la Presse Internationale, 8/3/1915)

La présence à Cambridge de professeurs belges, représentant presque toutes les facultés, a rendu possible l'organisation de cours pour plusieurs d'entre elles. Diffèrent cours sont donnés : 1° à la faculté de philosophie et lettres, par MM. A. Carnoy, L. de la Vallée-Poussins, P. Vandevenne, A. Van Hoonacker ; 2° à la Faculté de droit, par M. Dejaco, Deschamps, Oppenheim ; 3° à l'Ecole de commerce, par MM. Quitin, Vanderstappen, De Groote ; 4° à la Faculté de médecine, par MM. Havet, Nolf, Arien ; 5° à la Faculté de sciences naturelles, par MM. Césaro et Colson ; 6° à l'Ecole des ingénieurs, par MM. Sibenaler, Nizot, Briethof, Magnel, Albrecht et Van Hecke.

Aujourd'hui, près de cent et vingt étudiants suivent régulièrement un enseignement donné dans l'une ou l'autre de ces Facultés, afin de les maintenir dans des habitudes de travail et de contribuer à leur formation intellectuelle. Un groupe académique s'est formé, sous la présidence de M. Dejace, professeur à l'Université de Liège, et dont M. A. Carnoy, professeur à l'Université de Louvain remplit les fonctions de secrétaire.

Un comité anglais, dont M. Vervall est secrétaire honoraire, se charge de pourvoir au logement des étudiants et, au besoin, de leur fournir des secours complets. Tous les auditoires de l'Université leur sont ouverts ; ils y peuvent enrichir et coordonner un enseignement forcément fragmentaire, sans devoir néanmoins acquitter les frais très élevés qui y sont généralement imposés. Ils peuvent suivre, un peu partout, les cours de langue anglaise qui leur sont gratuitement offerts. Un club remarquable de la ville, l'Union Society, les accueille et leur offre ses salons, ses fumoir, ses revues. De nombreuses bibliothèques de l'Ecole de droit et la bibliothèque de l'Université (800,000 volumes), leur ouvrent leurs portes. La plupart de grands collèges de Cambridge - il y en a dix-sept - ont organisé des fêtes en leur honneur. Une cordiale et chaude sympathie les entoure.

Tel est aujourd'hui la vie universitaire belge à Cambridge.

4/3/1915 (2)

Soep en kinema's (De la soupe ou du cinéma - Soup or cinema)

[In: Gazet van Brussel. Dagblad voor het Vlaamsche Land, 3/4/1915]

Het gemeentebestuur van Molenbeek maakt de inwoners bekend, dat de soep alsook alle andere hulp aan de personen welke de kinema's regelmatig bezoeken, zal geweigerd worden.

Men denkt dat andere gemeenten dit voorbeeld zullen gaan volgen.

2/3/1915

Accaparement (vente de pommes de terre et hausse des prix - verkoop van aardapelen en prijsverhoging - selling potatoes and price increase)

[In: L'Echo de la Presse Internationale,; 2/3/1915]

L'accaparement des pommes de terre commence, est commencé. En quelques jours, le prix du précieux tubercule a considérablement augmenté et l'on annonce des hausses nouvelles.

Après le pain, la pomme de terre est l'aliment le plus utile, le plus nécessaire aux pauvres et la classe des pauvres s'est singulièrement renforcée aujourd'hui. Il y a donc extrême urgence à ce qu'un prix maximum soit fixé pour la vente de ce légume et à ce que des mesures soient prises pour que l'ordonnance qui sera promulguée soit respectée.

Qu'attend notre administration communale? Que l'administration allemande la devance, comme dans les questions du pain?

1/3/1915

Les souris blanches des sous-marins (muizen in onderzeeërs - mice in submarines)

[In: L'Echo de la Presse Internationale, 1/3/1915]

Sur tous les sous-marins anglais, il y a des souris blanches, qui y restent nuit et jour, captives dans les cages. C'est que les souris blanches ont un rôle important à jouer à bord des sous-marins. Leur sens olfactif, très développé, permettant à ces animaux de percevoir la moindre fuite de gazoline, ils sont en quelque sorte, les gardiens de la vie des hardis marins qui montent les navires submersibles. Le plus petit échappement de gazoline met les souris blanches en révolution, ce qui sert d'avertissement.