8/3/1915

L'université belge à Cambridge [De Belgishce universiteit te Cambridge - Belgian University in Cambridge]

(In: L'Echo de la Presse Internationale, 8/3/1915)

La présence à Cambridge de professeurs belges, représentant presque toutes les facultés, a rendu possible l'organisation de cours pour plusieurs d'entre elles. Diffèrent cours sont donnés : 1° à la faculté de philosophie et lettres, par MM. A. Carnoy, L. de la Vallée-Poussins, P. Vandevenne, A. Van Hoonacker ; 2° à la Faculté de droit, par M. Dejaco, Deschamps, Oppenheim ; 3° à l'Ecole de commerce, par MM. Quitin, Vanderstappen, De Groote ; 4° à la Faculté de médecine, par MM. Havet, Nolf, Arien ; 5° à la Faculté de sciences naturelles, par MM. Césaro et Colson ; 6° à l'Ecole des ingénieurs, par MM. Sibenaler, Nizot, Briethof, Magnel, Albrecht et Van Hecke.

Aujourd'hui, près de cent et vingt étudiants suivent régulièrement un enseignement donné dans l'une ou l'autre de ces Facultés, afin de les maintenir dans des habitudes de travail et de contribuer à leur formation intellectuelle. Un groupe académique s'est formé, sous la présidence de M. Dejace, professeur à l'Université de Liège, et dont M. A. Carnoy, professeur à l'Université de Louvain remplit les fonctions de secrétaire.

Un comité anglais, dont M. Vervall est secrétaire honoraire, se charge de pourvoir au logement des étudiants et, au besoin, de leur fournir des secours complets. Tous les auditoires de l'Université leur sont ouverts ; ils y peuvent enrichir et coordonner un enseignement forcément fragmentaire, sans devoir néanmoins acquitter les frais très élevés qui y sont généralement imposés. Ils peuvent suivre, un peu partout, les cours de langue anglaise qui leur sont gratuitement offerts. Un club remarquable de la ville, l'Union Society, les accueille et leur offre ses salons, ses fumoir, ses revues. De nombreuses bibliothèques de l'Ecole de droit et la bibliothèque de l'Université (800,000 volumes), leur ouvrent leurs portes. La plupart de grands collèges de Cambridge - il y en a dix-sept - ont organisé des fêtes en leur honneur. Une cordiale et chaude sympathie les entoure.

Tel est aujourd'hui la vie universitaire belge à Cambridge.

4/3/1915 (2)

Soep en kinema's (De la soupe ou du cinéma - Soup or cinema)

[In: Gazet van Brussel. Dagblad voor het Vlaamsche Land, 3/4/1915]

Het gemeentebestuur van Molenbeek maakt de inwoners bekend, dat de soep alsook alle andere hulp aan de personen welke de kinema's regelmatig bezoeken, zal geweigerd worden.

Men denkt dat andere gemeenten dit voorbeeld zullen gaan volgen.

2/3/1915

Accaparement (vente de pommes de terre et hausse des prix - verkoop van aardapelen en prijsverhoging - selling potatoes and price increase)

[In: L'Echo de la Presse Internationale,; 2/3/1915]

L'accaparement des pommes de terre commence, est commencé. En quelques jours, le prix du précieux tubercule a considérablement augmenté et l'on annonce des hausses nouvelles.

Après le pain, la pomme de terre est l'aliment le plus utile, le plus nécessaire aux pauvres et la classe des pauvres s'est singulièrement renforcée aujourd'hui. Il y a donc extrême urgence à ce qu'un prix maximum soit fixé pour la vente de ce légume et à ce que des mesures soient prises pour que l'ordonnance qui sera promulguée soit respectée.

Qu'attend notre administration communale? Que l'administration allemande la devance, comme dans les questions du pain?

1/3/1915

Les souris blanches des sous-marins (muizen in onderzeeërs - mice in submarines)

[In: L'Echo de la Presse Internationale, 1/3/1915]

Sur tous les sous-marins anglais, il y a des souris blanches, qui y restent nuit et jour, captives dans les cages. C'est que les souris blanches ont un rôle important à jouer à bord des sous-marins. Leur sens olfactif, très développé, permettant à ces animaux de percevoir la moindre fuite de gazoline, ils sont en quelque sorte, les gardiens de la vie des hardis marins qui montent les navires submersibles. Le plus petit échappement de gazoline met les souris blanches en révolution, ce qui sert d'avertissement.

30/4/1915

Le sac du soldat [De zak van de soldaat - De bag of the soldier]

(In: L'Echo de la presse internationale, 30/4/1915)

Une des plus précieuses améliorations dont bénéficie le soldat est l'allègement du sac.

Pendant très longtemps, les hommes qui portaient le sac et les hommes qui en déterminaient le contenu n'appartenaient pas à la même catégorie. Aujourd'hui, tout le monde porte le sac. Aussi le sac s'est-il allégé.

Il fallait avoir promené cette lourde charge le long des routes sans fin, à travers champs, dans les manœuvres, pour connaître le supplice des épaules coupées, du dos trempé de sueur, des reins ankylosés; le soldat n'était plus qu'un portefaix, et la fatigue paralysait ses facultés, son entrain, son courage.

On donnait comme argument que les soldats de Napoléon, les soldats de la grande-Armée, avaient porté allègrement le sac jusqu'aux extrémités de l'Europe, et qu'il fallait en faire autant.

Or, les spécialistes militaires se sont enfin avisés que les soldats de la Grande-Armée portaient le sac mou, très léger, muni du strict nécessaire, auquel on est actuellement revenu.

28/4/1915

La « mercerie » du prisonnier [Fournituren voor gevangenen - Haberdashery for prisonners]

(In: L'Echo de la presse internationale, 28/4/1915)

L'œuvre de la caissette du soldat belge vient d'adresser à toutes les directrices d'école la lettre suivante:

Madame la Directrice,

Les prisonniers en Allemagne ont grand besoin, en dehors d'aliments, d'entretenir leurs vêtements.

Nous nous permettons de vous suggérer l'idée de nous envoyer pour mettre dans chaque caissette que nous emballons, une petite mercerie que vos élèves pourraient réaliser sans grand frais, en demandant à leurs parents de les aider.

Quelques aiguilles et du fil, des épingles de sureté, des lambeaux d'étoffe pour raccommoder, un dé, des boutons divers, le tout enfermé dans un petit sachet, voilà de quoi constituer une mercerie à bon marché.

Ces envois faits au fur et à mesure seraient les très bienvenus et nous nous permettons de compter sur votre bienveillance.

Recevez, etc.

26/4/1915

La fête du muguet [Meiklokje - Lily of the valley]

(In: Le quotidien, 26/4/1915)

On célébrait naguère encore, le 26 avril, une jolie fête dont l'usage remonte à des printemps lointains: la fête du muguet.

Après la cueillette faite de compagnie, garçons et filles se rendaient à la danse, chacun ayant son bouquet; quand un jeune homme se proposait pour cavalier, si sa payse l'acceptait, elle lui tendait son bouquet qu'il plaçait à sa boutonnière, et en échange, il lui donnait le sien qu'elle piquait à son corsage. Et ils dansaient ensemble toute la soirée.

Ces vieux usages, qui se perdent un peu partout et dont il faut regretter la grâce abolie, avaient le double avantage de mettre un peu de variété dans la vie, un peu de poésie naïve et simple dans les habitudes.

C'est peut-être de là que venait une jolie expression qui est en train, elle aussi, de disparaître du langage; on disait mugueter comme on dit maintenant flirter. Les vieux mots s'en vont avec les vieilles mœurs et les vieilles cérémonies; nous nous mettons de plus en plus à parler et à écrire un jargon bizarre et cosmopolite qui n'a plus ni la saveur, ni la couleur, ni le charme du parler d'autrefois:

Au bon vieux temps, un train d'amour régnait...

Si qu'un bouquet, donné d'amour profonde,

C'était donner toute la terre ronde...

Et bientôt, il n'y aura plus que quelques rêveurs pour s'attarder à ces courtes évocations d'un passé bien mort, que le progrès, la science, la vapeur, l'électricité... et les romans nouveaux feront chaque jour paraître plus rococo, plus saugrenu, et, comme on dit avec une élégance si moderne, plus «crevant».

Le diable boîteux