Le CNSA condamne avec fermeté l'autonomie de la Flandre, janvier 1918

Au cours d'une réunion hebdomadaire du CNSA en janvier 1918, le président, Emile Francqui, a condamné avec force la proclamation de l'autonomie de la Flandre par le Conseil de Flandre. Il dénonce ce geste inconsidéré en temps de guerre, au moment où la Belgique e besoin de l'aide étrangère pour survivre. 

Il prône l'unité du pays, qui existe au sein du CNSA et et il faut tout faire pour que cela perdure. "Plus que jamais nous devons faire bloc pour faire éclater aux yeux du monde entier l'inanité des tentatives criminelles de ces Belges indignes, qui se sont laissés séduire par l'or de l'ennemi."

"C'est au sein du Comité National que s'est opérée cette union qui, depuis trois ans et demi, a été féconde en bienfaits pour la population."

Si des mesures "officielles" doivent être prises, ce sont les représentants du peuple, députés, sénateurs et membres des grandes administrations qui doivent agir.

Louis Franck, député anversois, flamand, appuie la condamnation du président en déclarant que "Vous pouvez être assurés, en ce qui concerne les populations flamandes, que, comme chez tous les Belges, au cours de cette longue épreuve, leurs sentiments de fidélité se sont approfondis et élargis." Il rappelle que tous les Flamands ne sont pas Flamingants et nationalistes; ils tiennent à la l'unité de la Belgique et à la famille royale.

Dès que les Allemands ont appris que des discours politiques ont été prononcés au cours d'une réunion du CNSA, le président Francqui a été interpellé par la Polizei et il a présenté une version épurée de son discours à l'inspecteur allemand qui s'est bien vite excusé et retiré.

GILLE (Louis) - OOMS (Alphonse) - DELANDSHEERE (Paul), Cinquante mois d'occupation allemande, tome IV 1918, Bruxelles, 1919, p. 35 - 38.