23/7/1915

Les terrasses de café [the cafes - de cafés]

(In: Le Bruxellois, 23/7/1915)

Nous avons dit que le Collège échevinal de Bruxelles les a interdites. A ce sujet un groupe de cafetiers nous écrit pour nous faire remarquer qu'il est "souverainement" illogique de les autoriser à verser à boire à la clientèle de l'intérieur de leur salle et de leur défendre de le faire si la table est placée sur le trottoir. Qu'on ferme plutôt les cabarets, ce sera plus logique, car il n'y a aucune différence entre boire un verre de faro à l'intérieur ou à l'extérieur. L'été de tout temps a ramené l'usage des terrasses et les interdire est une sanction inutile et puérile".

Nous sommes absolument de cet avis très judicieux mais la "logique" de nos autorités semblent, depuis la guerre surtout, n'être jamais destinées à passer la même porte...

22/7/1915

Une proclamation du maire du Havre [A proclamation from the Mayor of Le Havre - Een proclamatie van de Burgemeester van Le Havre]

(In: L'indépendance belge, London, 22/7/1915)

 

M. Morgand, maire du Hâvre, a fait afficher sur les murs de la ville la proclamation suivante adressée à la population hâvraise:

Appelée à l'honneur d'être le siège provisoire du gouvernement de la Belgique, contraint d'abandonner le territoire de la patrie afin de pouvoir continuer, en toute liberté d'esprit, la lutte contre l'envahisseur, la ville du Hâvre doit à ses hôtes éminents de s'associer aux manifestations de la vie du noble peuple de Belgique.

En pavoisant vos habitations, mercredi, aux couleurs belges et françaises, vous donnerez un témoignage des sentiments d'admiration et de reconnaissance qui animait tous les Français à l'égard de la nation, petite par le nombre, mais grande par le coeur, qui a tout sacrifié à la sauvegarde de son honneur.

Vous éleverez ainsi une nouvelle protestation contre la criminelle agression dont la Belgique a été la victime. Citoyens d'une nation dont un des principaux titres de gloire est d'avoir toujours lutté pour la liberté des peuples, vous affirmerez, par votre manifestation, le droit pour toutes les nations de vivres libres et indépendantes !

Vive la Belgique!

5/7/1915

[Courses de chiens - Honden concurrentie - Dog competition]

(In: L'Écho de la Presse, 5/7/1915)

Aujourd'hui dimanche à 3 heures (heure belge), Grandes courses de lévriers, au terrain de l'Exclesior à Forest. Grand prix d'ouverture, 500 francs. 40 chiens, les meilleurs des chenils, les plus réputés, sont engagés. Trams directs 50-53-54.

Tous les dimanches, lundis et jeudis, grandes courses

27/6/1915

Te Waterloo [Valse geruchten - Fausses rumeurs sur Waterloo - False rumors about Waterloo]

(In: Gazet van Brussel, 27/6/1915)

We ontleenden onlangs aan een Engelsch blad het bericht van een dame, die meende, dat de Duitschers bezig waren de pyramide te Waterloo af te breken. Onze Berlijnsche korrespondent schrijft ons, dat het niet waar is. Hij is er vijf weken geleden nog op geweest, onder geleide van Duitsche officieren. Alles was er nog al steeds, schrijft hij, met entrée, postkaartenverkoop, gebedel, enz. De Goeverneur in België had zelf den tocht voor ons voorgesteld en de Duitschers schenen er niet aan te denken, daar iets te veranderen. Alle monumenten in die buurt waren onaangeroerd. Er was inderdaad een Duitsch kamp eenige honderden meters van de pyramide. Toen lagen er troepen met machiengeweren, die ook inderdaad druk bezig waren, zij het ook alleen met soep koken. We mochten ze fotograferen.

26/6/1915

Jolie perte [Mauvaise gestion alimentaire - Slecht voedsel beheer - Bad food management]

(In: L'Echo de la Presse, 26/6/1915)

En mai dernier, pour assurer la nourriture des habitants de l'agglomération bruxelloise, le Comité de l'alimentation fit une commande importante de pommes de terre que l'on expédia d'Irlande et de Rotterdam, vers Bruxelles.

Par suite de certaines circonstances, notamment des difficultés du transit, ces pommes de terre nous arrivèrent, après de longs retards, en très mauvais état. Elles furent partagées entre les différentes communes de l'agglomération et emmagasinées dans des dépôts autour desquels une puanteur insupportable se fit immédiatement sentir. Les chômeurs, auxquels on délivra ces pommes de terre, se plaignirent de leur qualité, d'aucuns refusèrent de les accepter.

On nous annonce que dans certaines communes,  on a délivré pour rien, ou à peu près, la partie de ces pommes de terre qui est encore mangeable. Le reste ira à la voirie.

On nous assure que l'achat dont il s'agit comporte cinq millions de kilogrammes à 14 centimes, soit pour 700.000 francs. C'est une jolie perte.

18/6/1915

De Napoléon au Kaiser. L'enseignement de l'histoire [Vergelijking tussen Napoleon en de Duitse Keizer - Comparison between Napoleon and the German Kaiser]

(In: L'indépendance belge [London], 18/6/1915)

La date commémorative d'aujourd'hui permet quelques réflexions qui s'appliquent à la guerre actuelle.

En effet, en certains points de vue d'ordre social un parralèle peut être fait entre Napoléon et le Kaiser, toutes proportions relatives à la personnalité de ces deux hommes étant gardées.

Le premier naquit de la Révolution qui avait à se défendre.

Le second est né de la prétention autocratique qui veut s'imposer.

Quelles leçons utiles pour l'avenir, en faveur du bonheur des peuples, faut-il tirer de l'exemple de ces deux hommes?

C'est que, tous les deux, sont peut-on dire le "résultat" d'une "grande erreur" qui coûte beaucoup de souffrance et de sang aux hommes.

Napoléon, qui transforma selon ses besoins personnels les pouvoirs qu'il n'aurait dû employer que dans un but défensif (la défense de la France et des principes des droits de l'Homme), prit bientôt l'offensive et l'esprit conquérant le domina:

- C'était, ont dit ses admirateurs, pour vaincre le Monde et imposer les principes démocratiques de la Révolution française!...

Soit admettons! Mais c'était là, précisément, la grande erreur dont nous parlons ci-dessus: il fallait "défendre" et non pas vouloir "imposer".

C'est la même "grande erreur" que celle commise actuellement par le Kaiser et son entourage de petits hommes brutaux.

Elle est expliquée toute entière dans la sentence suivante:

- On ne saurait imposer aux peuples des civilisations, des principes ou des "Kulturs": cela est contraire aux lois naturelles invincibles, et qu'il n'y a pas lieu d'ailleurs, en droit, d'essayer de vaincre , car elles n'impliquent pas un mal...

Napoléon a voulu imposer sa volonté par la force militaire.

Le Kaiser veut faire de même.

Cela peut réussir superficiellement, mais de telles oeuvres abominables ne sont pas durables, ne peuvent pas être durables, et les peuples qui ont coopéré à faire triompher de telles oeuvres deviennent bientôt les premières victimes de leur erreur.

L'Allemagne même est un exemple de la vérité de cette opinion.

La fédération germanique a pu se produire et se fortifier par la persuasion, elle ne l'aurait pu par la force: les territoires allemands où la force a été employée, lors de leur annexion, constituent une faiblesse pour le pays, car ils restent des foyers de révolte.

Que prouve la "grande erreur" commise par Napoléon, dans un but démocratique, et reprise par le Kaiser, dans un but autocratique? Elle prouve que les rêves des conquérants, lesquels veulent imposer "leur" civilisation et "leurs" moeurs" sont des rêves qui aboutissent toujours à de grandes souffrances pour les peuples, et que ceux-ci, quand ils se prêtent à seconder les conquérants, sont les forgerons de leurs propres souffrances en créant aussi la souffrance des autres. Or, les peuples se laissent, aujourd'hui encore, aveugler.

Pour éviter les cataclysmes sanglants, les peuples ne devraient avoir qu'une préoccupation en formant leurs opinions d'ordre public: et cette préoccupation est faite toute entière de la question et de la réponse suivantes:

- Est-ce que mes principes et les opinions qui en dérivent ne sont pas opposés au libre développement de la liberté et des principes des hommes qui appartiennent à d'autres races et à côté desquels je vis?... Si mes principes sont dangereux pour la liberté de mes voisins, je les abandonne, car ils sont fatalement dangereux pour moi-même dans les conséquences qu'ils doivent avoir: ils doivent créer les conflits...

Les Napoléon et les Kaiser produisent beaucoup de souffrances et répandent beaucoup de sang. Ils ne produisent rien au point de vue des progrès de l'humanité.

C'est pourquoi les populations devraient avoir la haine de ces conquérants qui rapetissent l'humanité à un ring des boxeurs...

Camille Roussel

 

 

 

 

 

 

11/6/1915

Lettre d'enfant [Brief van een kind - Letter from a child]

(In: L'Indépendance belge [édité à Londres], 11/06/1915)

Nous publions ci-dessous une lettre qu'un jeune garçonnet a envoyée au roi Albert et la réponse que notre souverain lui a adressée. Nous respectons le texte de la missive.

Moosch, 23 décembre 1914.

Cher roi Albert,

Je sui un petit Belge qui habite Moosch en Alsace qui est maintenant française. Je viente dire que je t'aime de tout mon petit coeur et je t'envoie 100.000 baisés car tu est si courageux et je sui fier que tu es mon roi.

Tous les jours je prie le petit Jésus pour que tu puisse de nouvo et biento revenir à Bruxelles avec ta janti raine et tes petits enfants.

Sé dommage que je sui ancore si peti, j'ai selment 8 ans, car j'aimerai osi tédé à chassé ses méchan Boche hor de notre chère Belgique.

Quan je seré gran, alors j'aimerai osi etre un général ausi courageux que toi.

Je te quite et t'embrasse très très fort.

Un petit, W. Moosch par Bussang.

 

Le 9 février 1915

Cher petit compatriote,

Sa Majesté a été heureuse de lire votre lettre vraiment touchante.

C'est bien gentil à vous d'avoir pensé à votre Roi au jour de l'an et de lui avoir adressé des voeux qui viennent du coeur.

Sa Majesté désire que je vous remercie vivement et vous exprime sa sympathie.

Bien à vous,

Secrétaire.

 

N'est pas que c'est à la fois charmant et touchant?

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